Documentaire retraçant les différentes étapes de l'aménagement des Landes depuis des années. Commentaire sur des images de forêts, d'incendies, de villages landais, de scènes pastorales, de gemmage.
Déjà en 1955, les dangers de la monoculture du pin sont posés.
https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/cpf86606944/l-arbre-d-or
Mégafeux, la forêt des Landes pour comprendre
Des scientifiques plongent dans les lacs des Landes pour retracer l’histoire des incendies et des écosystèmes. Objectif : comprendre les interactions entre végétation et feu à travers les millénaires, pour mieux gérer les risques et protéger les forêts dans un climat en mutation.
Adam Ali, de l'Institut des sciences de l’évolution de Montpellier (ISEM - Université de Montpellier / CNRS / IRD / EPHE / Cirad / Inrap)
Damien Rius (CNRS), du laboratoire Chrono-environnement (CNRS / Université Marie et Louis Pasteur), Besançon
Florence Mazier (CNRS) et Maëlis Olivier, du laboratoire Géographie de l’Environnement (GEODE - CNRS / Université de Toulouse Jean Jaurès)
Journal Le Gaulois du dimanche, 2 mai 1908. Article de F. Gregh sur la forêt de Fontainebleau.
M. FERNAND GREGH
—- Un certain nombre de « cantons » de la Forêt portent ce
nom, que je trouve affreux : Partie artistique, mais qui dit naïve
ment et nettement ce qu’il veut dire. Il serait à désirer qu’on ne
fît jamais de coupes dans ces cantons. En outre, depuis Louis-
Philippe, on a semé beaucoup de pins dans la forêt ; il n’y en
avait pas avant le roi-citoyen; le pin est à Fontainebleau d’ap-
port humain.
C’est un bel arbre, un pin, et qui fait l’un des bruits les plus émouvants de la forêt, à la moindre brise qui rebrousse ses aiguilles ;
mais il a le très grand tort de brûler comme une allumette géante ; planter des pins en trop grand nombre, c'est multiplier les foyers d’incendie.
A chaque été, d’ailleurs, un canton brûle.
Si l’incendie ne dévorait que des pins, ce ne serait que demi-mal ; ils repoussent si vite ! Mais, dès que le feu « saute » un sentier — et il faut avoir vu déferler la grande flamme rouge, comme une vague ardente, pour savoir combien c’est vite fait — les plus nobles futaies de vieux chênes, ormes, charmes, etc., sont en danger, et une vraie catastrophe peut se produire.
Il faudrait donc restreindre les semis de pins et même ceux que l'administration a laissés croître et qu’elle exploite pour faire des poteaux télégraphiques, ne pas les remplacer par d’autres ;
laisser par endroits des landes qui dégagent les horizons et dont la mélancolie est magnifique, sous un.ciel gris ou par un beau jour. Une forêt contient des espaces découverts à côté des futaies et des taillis.
Voilà, bien hâtivement énoncés, les principaux desiderata de
quelques amis de la Foret. Il y aurait encore bien d’autres choses
à dire, notamment sur les marques bleues et rouges qu’on a pro
diguées même le long des rochers les plus sauvages en apparence
et qui, tout à coup, rappellent désagréablement la civilisation et
la bureaucratie; mais à chaque année suffit sa peine. Tout cela
se résume, d’ailleurs, en quelques mots : il ne faut pas transfor
mer la Forêt en un parc, si vaste et si beau qu’il soit.
Fernand GREGH. source Gallica BNF
« Le massif landais est un nid à incendies »
Entretien avec Jacques Pons, Membre du Collectif Forêt Vivante Sud-Gironde, Propos recueillis par Alphée Roche-Noël
Le pin maritime est un des résineux les plus riches en matières résineuses, contenant de la résine, de la colophane, de l’essence de térébenthine et du goudron.
Toutes ces matières résineuses sont présentes de l’extrémité de ses racines jusqu’au bout de ses aiguilles en passant par ses pignes (ou cônes) et son pollen.
Toutes ses matières résineuses sont situées juste sous l'écorce au niveau du liber (ou écorce interne).
Toutes ses matières résineuses sont hautement inflammables.
Le pin maritime est un allume-feu des pieds à la tête.
Le pin maritime est un arbre torche. Il en est de même pour son cousin venu des États-Unis, le pin taeda, dont le sens est celui de « torche » en latin.
Au moins dès l'antiquité, les sociétés humaines ont utilisé le pin pour :
Lui ont donné une place symbolique dans leurs cultures :
Et en ont fait une arme dans leurs exactions et actes guerriers :
Les dérapages du pin allume-feu commencent dès le XIXe siècle :
147 - 1869
ALLUMETTES LANDAISES
Nous lisons dans le journal La Houille
« La société. qui s'est fondée pour l'exploitation des nouveaux allume-feux, dits Allumettes landaises, dont le siège est 36, rue de Saint-Pétersbourg, ayant exprimé le désir (d'en faire un essai dans les bureaux de La Houille, 10, Chaussée-d'Antin, en présence de plusieurs marchands de charbon, nous y avons consenti. — Trois allumettes de moyenne grandeur, formant ensemble à peine lu volume d'une seule pomme de pin, ont déterminé en quelques minutes, sans le secours d'autres combustibles, l'embrasement d'une grille pleine de gros charbon. Ce résultat nous a démontré l’efficacité et l'économie de ces Allumettes Landaises, grâce auxquelles on peut se dispenser d'une foule d'accessoires encombrants.
» Mais, selon nous, la Société des Allumettes Landaises se trompe, quand elle attribue à cette économie même l'hésitation qu'elle paraît avoir rencontré dans le principe auprès de la plupart des marchands de charbons et de bois. Il est évident, au contraire, que cette invention doit, être aussi bien accueillie par le marchand (que par le consommateur; car si d'un côté elle produit une économie de menus combustibles, de l'autre elle tend à généraliser, en le facilitant, l'usage du charbon pour foyer domestique. Aussi le recommandons nous vivement il nos lecteurs. — La Société fait, du reste gratis, à domicile, sur une simple demande, toutes les expériences désirées.»
Ouvrage de José Cubéro, paru en 2019, éditeur CAIRN à Pau.
La page de couverture est un cliché de l'incendie de 1949.
Elle montre la combustion de la résine (gemme) et de l'essence de térébenthine tout le long du tronc d'un pin maritime.
Cela ne peut pas se produire sur un tronc de feuillus de nos contrées.
Cette photo est sans appel sur le danger permanent de la très haute inflammabilité du pin maritime.
La transpiration du feu.
Gouttelettes et suintements
de résine inflammable.
