DE la GESTION SOURNOISE DES CHAMPS DE PINS MARITIME.
STOP au MASSACRE des FEUILLUS et de la BIODIVERSITÉ DANS LES CHAMPS de PINS.
DANS LE BASSIN VERSANT DU CIRON, l'éradication des feuillus se poursuit discrètement au quotidien. Elle est associée à la récolte des pins.
Les surfaces des feuillus sont de l'ordre d'un 1/2 hectare et plus, mais le cumul, depuis plusieurs années, est vertigineux.
Ces parcelles de champs de pins, d'une cinquantaine d'années, ont très souvent grandis avec des feuillus en îlots ou en lisière, du même âge que les
pins voire plus vieux. Ces espaces de feuillus sont très peu visibles depuis la trame routière (pas vu, pas pris).
Cette pratique de gestion est inadmissible, ces espaces de biodiversité de feuillus sont irrémédiablement perdus, ils seront remplacés par du pin
maritime. Personne ne vérifie l'existence et la mort en silence de ces feuillus.
Le rouleau compresseur de l'oubli dans la mémoire humaine porte alors la phrase mythique et insupportable clamée par beaucoup de propriétaires
forestiers : mais ici, il n'y a que le pin qui pousse !
Aujourd'hui ce sont les communes de Bernos-Beaulac, Pujols-sur-Ciron et Saint-Léger-de-Balson,
les entreprises de récolte sont la Forestière Bazadaise et Alliance Forêts Bois.
Soyons lanceurs d'alertes auprès de nos élus pour dénoncer ces pratiques mortifères pour l'avenir de notre paysage et de celui des générations
futures.
Seule une nouvelle législation sur les Plans Simples de Gestion (PSG du Centre National de la Propriété Forestière) des
propriétaires, qui fixent le paysage forestier sur le long terme peut arrêter ces massacres avec l'interdiction des coupes rases, la validation des PSG par les élus communaux,
ingénieurs forestiers de l'ONF, écologues forestiers, entités environnementales publiques, SDIS....
Déjà en 1869 des ingénieurs forestiers s'interrogent sur les coupes rases et dénoncent leur
nocivité.
Extrait d'un
article de Jolyet dans la Revue des Eaux et Forêts
(source gallica BNF)
Elles sont d'une importance majeure pour le pays où je possède une forêt : là, par une erreur que, si je ne me trompe, je
crois funeste et déplorable, se pratique encore la coupe rase, qui consiste à tout couper, même la plus petite plante feuillue ou résineuse.
La coupe rase dans une forêt exploitée déjà depuis fort longtemps tous les vingt-cinq ou trente ans en taillis simple,
composée d'un mélange d'essences résineuses, sapins et épicéas, et d'essences feuillues, chênes, châtaigniers, hêtres, charmes, ormeaux, frênes, bouleaux, etc., peut-elle être continuée soit dans
une forêt de cette nature, soit même dans une forêt quelconque sans compromettre la prospérité, le bon aménagement, le repeuplement et même l'existence de la forêt, surtout si cette coupe est
tellement rase que non-seulement elle ne laisse aucun baliveau ou porte-graines, mais qu'elle abat même les plus petites plantes soit feuillues, soit même résineuses ?
Et que par conséquent une forêt quelconque exploitée en taillis par la coupe rase, ne laissant ni porte-graines ni baliveaux feuillus ou résineux, doit nécessairement périr dans un délai plus ou
moins rapproché, puisque les résineux ne repoussent pas par la souche et que les feuillus doivent tôt ou tard cesser de repousser par la souche et qu'ils ne sont pas reproduits ?
L'expérience n'a-t-elle pas démontré déjà bien des fois les conséquences ci-dessus signalées de la coupe rase? et un grand nombre de forêts particulières ne doivent-ellespas leur ruine à cette funeste pratique?
Les résineux qui ne seront exploités qu'une fois tous les quatre-vingt-dix ou cent vingt ans ne produisent-ils pas, soit en
bois de service, soit même en bois à brûler ou en
charbon, dans le même espace de temps, une quantité double, triple ou même quadruple des mêmes résineux exploités tous les trente ans, attendu que, même en négligeant le temps perdu pour le
repeuplement, ces derniers n'auront dans le même espace de temps qu'un tiers ou un quart de grande végétation, tandis que les premiers n'auront que dix ou vingt
ans de faible végétation et soixante et dix ou cent ans de grande végétation?
Toute forêt peuplée de résineux et de bois durs tels que chênes, hêtres, chataîgniers, ormes, etc., est vouée à une destruction certaine si elle est soumise tous les vingt-cinq ou trente ans à
une exploitation à blanc étoc (coupe rase) sans aucune réserve. Les causes de l'appauvrissement successif qui suivra chaque coupe sont des plus simples à apprécier. Aucune des essences qui
composent le peuplement ne donne de graines fertiles à l'âge où l'exploitation à lieu. Les arbres ne peuvent donc se reproduire que par les rejets de souches.
Mais d'une part les résineux ne repoussent pas de souche; il y a donc de ce côté certitude complète que ces essences disparaîtront à la première exploitation. Les bois feuillus fourniront bien
des rejets pendant un certain temps, mais chaque abattage occasionnant à la souche une vaste plaie que les empâtements des rejets recouvrent fort incomplètement, il arrivera nécessairement une
époque où la pourriture qui attaque cette surface mise à nue amènera le dépérissement, puis la mort de la souche. Les bois feuillus disparaîtront donc sinon aussi vite, du moins aussi sûrement
que les résineux.
La disparition des forêts soumises à des exploitations à blanc étoc (coupe rase) sans réserves et sans repeuplements artificiels est un fait constaté d'une manière
irréfutable.
Si toutes celles qui subissent ce traitement ne sont pas encore détruites, c'est qu'il n'y a pas longtemps qu'elles y sont
soumises. Pour un arbre d'essence résineuse, exploitélorsqu'il a atteint son maximum de développement, c'est-à-dire de soixante et dix à cent vingt ans,
suivant le sol, le climat et l'essence, fournira beaucoup plus de bois que deux ou trois arbres ayant crû dans les mêmes conditions pendant la moitié ou le tiers de cette
révolution.
Un pin de soixante et dix ans par exemple renferme plus de bois que deux de trente-cinq ans?
Cela ne fait aucun doute.
Printemps 2023.
Bassin versant du Ciron, commune de Préchac (Gironde). Lieu-dit Capdet.
Coupe massive à 80% d'une quinzaine d'hectares de feuillus de tous âges, chênes, bouleaux, aulnes, houx, charmes. Les arbres sont coupés en entier
pour du bois énergie. Au premier plan, billes de robinier (faux acacias).
Cette coupe massive s'est faite aussi dans le lit mineur et majeur du ruisseau de La Citadelle.
Cette forêt diversifiée et irrégulière existait depuis au moins le 17e siècle.
Printemps 2023.
Bassin versant du Ciron, commune de Pompéjac (Gironde), lieu-dit Fontraide.
Coupe rase de 20 hectares de feuillus de tous âges, chênes, charmes, aulnes, bouleaux, châtaigniers... la majorité des arbres sont coupés en entier
pour le bois énergie. Jusqu'au bord du lit majeur du ruisseau du Samson. Cette forêt diversifiée et irrégulière existait depuis au moins le 17e siècle.
Printemps 2023.
Bassin versant du Ciron, commune de Pompéjac (Gironde), lieu-dit Tucau bas et Au Bos.
Coupe rase de 5 hectares de feuillus de tous âges, chênes, aulnes, bouleaux... la majorité des arbres sont coupés en entier pour le bois énergie.
Cette forêt diversifiée et irrégulière existait depuis au moins le 17e siècle.
La coupe c'est faite jusque dans le lit majeur du ruisseau du Samson.
Les parcelles sont replantées en pin maritime jusque dans le lit majeur du ruisseau (cercles rouges sur le cliché en bas à droite).
Printemps 2023.
Bassin versant du Ciron, commune de Pompéjac (Gironde), lieu-dit Tucau.
Coupe rase de 2 hectares de feuillus de tous âges, chênes, charmes, châtaigniers, bouleaux... la majorité des arbres sont coupés en entier
pour le bois énergie. Cette forêt diversifiée et irrégulière existait depuis au moins le 17e siècle.
La coupe est diligentée par un lycée forestier.
Printemps 2023.
Bassin versant du Ciron, commune de Bernos-Beaulac (Gironde), lieu-dit Taleyson.
Coupe massive sur 2 hectares de feuillus de tous âges, chênes, charmes, châtaigniers, bouleaux...
Printemps 2023.
Bassin versant du Ciron, commune de Pompéjac (Gironde), lieu-dit Fontraide.
Coupe massive sur 1 hectare de feuillus de tous âges, chênes, charmes.
Printemps 2023.
Bassin versant du Ciron, commune d'Escaudes (Gironde). En bord de Ciron
Coupe massive sur 2 hectares de feuillus de tous âges, chênes, charmes.
2023
FARGUES-de-LANGON
BAZAS
Printemps 2023.
Bassin versant du Ciron, commune de Préchac (Gironde).
Coupe rase sur une dizaine d'hectares de pins et îlots de feuillus de tous âges, chênes, charmes.
Printemps 2017.
Bassin versant du Ciron, commune de Lucmau (Gironde).
Coupe rase sur une dizaine d'hectares de pins et îlots de feuillus de tous âges, chênes, charmes. Plantation de pin maritime.
Printemps 2017.
Bassin versant du Ciron, commune de Marimbault (Gironde).
Coupe massive sur environ 3 hectares de feuillus de tous âges, chênes, charmes, aulnes.
Automne 2015.
Bassin versant du Ciron, commune de Marimbault (Gironde).
Coupe massive sur environ une dizaine d'hectares de pins, épandage général de glyphosate et labour avant plantation de
pins.